Contexte : pourquoi le CD77 a migré de SAP BusinessObjects vers DigDash
Le Conseil Départemental de Seine-et-Marne gère l'action sociale de l'un des départements les plus peuplés d'Île-de-France. Données de bénéficiaires d'aides sociales, gestion financière des collèges, RH : autant de domaines qui génèrent un volume décisionnel massif — et hétérogène.
Tout reposait sur SAP BusinessObjects, lui-même arrivé là par nécessité : une cyberattaque survenue il y a une dizaine d'années avait détruit les serveurs QlikView sans possibilité de les remonter, et le CD77 avait alors reconstruit son décisionnel sur SAP BO dans l'urgence. Insatisfait de son prestataire historique, le département contacte DeciVision et commande un audit complet du patrimoine décisionnel. C'est à partir de cet audit que la décision de migrer vers DigDash prend forme. Périmètre à gérer : 20 000+ documents, 2 000 requêtes actives, 690 planifications hebdomadaires, essentiellement des extractions Excel envoyées aux agents de terrain.
Sur les 2 000 requêtes régulièrement utilisées, plus de 70% sont des rapports opérationnels — listes de travail quotidiennes, suivi de dossiers. Seulement 25 à 30% relèvent du vrai décisionnel stratégique. Un enjeu de migration souvent sous-estimé.
Pourquoi choisir DigDash pour remplacer SAP BusinessObjects : les trois critères du CD77
Plusieurs alternatives étaient sur la table au moment de la décision. Thomas Dejoux, chef de service des applications du social au CD77, explique les trois critères qui ont fait pencher la balance en faveur de DigDash :
1. La souveraineté
Face à des solutions comme Power BI ou QlikView, DigDash est un éditeur français. Le CD77 traite des données sociales nominatives sensibles — RSA, aide sociale à l'enfance, MDPH. La possibilité d'héberger entièrement on-premise, sans sortir les données du territoire, était non négociable. L'outil est certifié et accompagné d'une DPO active sur les fiches de traitement RGPD.
2. Le modèle de licence
L'achat initial de licences DigDash est significatif, mais la maintenance annuelle est structurellement plus faible que ses concurrents. Pour une collectivité soumise à des contraintes budgétaires pluriannuelles, la prévisibilité du coût de possession compte autant que le prix d'entrée.
3. La convergence des éditeurs métiers
Les deux éditeurs applicatifs majeurs du CD77 — CGI Grand Angle (financier) et Arch Solix (social/RH) — avaient tous deux annoncé leur positionnement vers DigDash comme entrepôt natif. Cela a considérablement réduit le risque de la décision.
La méthode de migration SAP BusinessObjects vers DigDash : itération plutôt que transformation massive
Le projet a rapidement abandonné l'idée de transformer en bloc les univers SAP BusinessObjects — trop complexes, résultats « hasardeux et non utilisables » selon Thomas Dejoux. La méthode adoptée avec DeciVision :
- Audit complet du parc BO avec l'outil BI Smart Repository (groupe DeciVision), qui cartographie toutes les requêtes, univers et planifications
- Priorisation métier : identification des 10 requêtes les plus critiques en premier lieu (sur 2 000)
- Construction par itération : chaque requête BO devient un datamart, enrichi à chaque itération suivante — 5 itérations sur la partie ASE, 8 sur la MDPH à la date du webinar
- Architecture en deux couches : un entrepôt décisionnel anonymisé + un entrepôt opérationnel nominatif, strictement cloisonnés
- ETL Talend pour les transformations, PostgreSQL comme base cible de l'entrepôt de données
Sur les 2 000 requêtes, si on considère une semaine par requête, ça va être assez long. On espère arriver à fin 2027, l'objectif c'est même juin 2027, d'arriver à entre 60 et 80% des requêtes BO transférées sur DigDash. C'est un objectif plutôt optimiste.
Premiers résultats DigDash en production au CD77
Deux projets ont été livrés et déployés en production au moment du webinar :
- Coup complet des collèges : tableau de bord RH croisant données Arch Solix, Grand Angle CGI, un logiciel maison (SDA) et le logiciel de gestion des temps (Chrono Time). Réalisé par DeciVision pour monter en compétences les équipes internes.
- Fraîcheurs : suivi de la restauration scolaire dans les collèges du département (produits locaux/bio, gestion des repas). Co-développé avec Yoann Boiteux en montée en compétences interne.
Les deux tableaux de bord font la démonstration des filtres dynamiques DigDash : sélection par canton, par secteur, par commune — avec mise à jour en temps réel de tous les indicateurs et conservation des filtres lors de la navigation entre onglets.
Le principal frein : embarquer les métiers
La difficulté technique n'a pas été la plus importante. Thomas Dejoux le dit clairement : la recette avec les métiers a été très longue. Peu de retours spontanés, relances nombreuses, temps d'approbation allongé. Les agents étaient habitués à leurs extractions Excel hebdomadaires et craignaient de perdre la maîtrise de leurs données.
Le CD77 a cloisonné la gestion des droits avec un propriétaire de la donnée par domaine (DRH, finance, social). Personne — y compris la DSN — n'accède aux données nominatives sans validation du propriétaire. Ce gouvernance claire a débloqué les résistances métier.


